Poésies

5 Mars 2011

à Monsieur et Madame Larrieu

A votre table d’hôte,
Monsieur, Madame,
j’ai goûté votre vin fin,
votre vin frais,
votre Armagnac d’Or,
produits de vos ceps,
orgueil de votre terre,
que cent fois et plus encore,
vos mains ont caressés,
ont rudoyés jusqu’à l’extrême
pour leur donner vie,
la leur conserver,
et extirper de leur essence
le fruit tant attendu
de tant d’attente inquiète.
Votre âme toute entière
de vrais vignerons
artisans du terroir,
verse ses flots d’amour
dans l’ardente boisson
que le printemps prépare,
l’été développe,
l’hiver couvre de son froid
pour la livrer aux ans,
fils de Chronos.
A votre table d’hôte,
j’ai goûté votre vin frais,
votre vin fin,
votre Armagnac d’Or.
De votre main généreuse
j’ai reçu votre pain.
Ce vin et ce pain,
origines de la vie
que Dieu nous a donnée,
ont aujourd’hui scellé
notre amitié. 

Extrait de mes poèmes en Armagnac

 

 

27 janvier

L’exode

Sur l’asphalte bouillant
d’une terre africaine,
des milliers de femmes
de vieillards et d’enfants,
fuyaient l’enfer de la guerre.
Terrorisés, épuisés, décharnés,
tous se confondaient.
La peur se lisait dans leurs yeux
et la faim sur leur corps
avait fait son ouvrage.
Derrière eux, la ville déjà brûlait.
On entendait au loin
le bruit de la mitraille
et l’écho du canon…
Une mère pressait son pas,
son enfant suivait avec peine,
la chaleur étouffait leurs efforts,
ils ne pouvaient reprendre haleine,
il fallait échapper à la mort.
Perdus dans la colonne humaine,
ils marchaient, ils marchaient
tels des bêtes traquées.
Chaque minute les épuisait
et l’enfant pleurait.
Le gamin, tout à coup, chancela
usé par tant de peine, il s’affaissa soudain,
les yeux hagards, les lèvres sèches,
et le souffle agonisant,
il poussa son dernier cri
MAMAN…..

***

Avec la nuit

Avec la nuit
le rêve
éveillé…
et comme on veille
un vieil ami qui meurt
je veille et je rêve,
toujours éveillé,
de nos veilles
qui comme le vieil ami
ont disparu.

26 janvier

Tout tremble

 

Les feuilles des arbres
tremblent,
au gré du vent glacial
et ma peau frissonne
et mon cœur tremble
de froid,
c’est l’hiver.
Tremble mon cœur
au regard de ce monde
qui vit en tremblant.
Tout tremble,
les jambes par la peur,
les gens par la contrainte,
les couronnes par les révolutions,
les consciences par les remords,
la terre par la colère du feu,
les dents par la vieillesse.
Tout tremble dans la vie
d’un tremblement soudain.

***

L’enfant

Il a tout juste dix ans,
recroquevillé sur lui-même
dans un fauteuil roulant.
Ses lèvres n’expriment rien d’autre
qu’un sourire flottant
dans un humeur baveuse.
Ses yeux toujours dans le vague
ne perçoivent aucun visage,
il reconnaît les siens
au seul son de leur voix…
Lorsqu’un enfant nait ainsi,
Il lui faut plus qu’à quiconque
un grand témoignage d’amour
qui embrase son cœur
et qu’il sait percevoir
par un sens
épargné à sa naissance.
Rien ne lui indique son calvaire,
il semble se résigner,
sans perception du temps
et de la souffrance.
Un trait de joie parfois
exprime sur son visage
la paix qu’il vit dans son atroce sort…
Tout juste dix ans
et privé de langage,
Il vit sans demander
Qu’on l’aime avec courage…
 

 

24 janvier

L’étang

Assis près de ces pins
en ce beau matin,
j’aime regarder
ce site enchanté.
Là je ne puis m’empêcher
de penser
à d’autres temps
lorsque j’étais enfant.
Mon esprit suivait mes yeux
sur la vaque lointaine
étirant sous le vent
un long sillon d’argent.
Mon regard, alors, embrassait tes rives
de roseaux, couchés par le vent,
tandis que sur tes eaux grises
dansaient les gabians.
Au loin c’était le village de Bages,
aux couleurs changeantes le soir,
c’était le marécage
et ses bâtons perchoirs.
C’étaient les voiles blanches
des bateaux, le dimanche,
penchées sur tes eaux claires,
qui fendaient l’air.
C’était le rire de tes vagues
et son écho sauvage
apporté par le vent
avec tout son accent.

***

J’ai bu

J’ai bu
en même temps que toi,
dans le même verre,
le même vin.
J’ai aimé,
en même temps que toi,
avec le même cœur,
avec la même ardeur,
avec la même espérance.
J’ai perdu,
mais cette fois sans toi,
le goût du vin,
et de la vie,
lorsque tu as bu
dans une autre verre
un autre vin.

23 janvier 2011

Après nous

Lorsque nous serons devenus

civilisation antique,

au terme de vingt siècles révolus,

en parlant de la bombe atomique,

nos enfants diront de nous

que nous étions des fous.

 

Quand ils évoqueront la terre

que nous aurons conduite au néant,

ils ne comprendront pas le mystère,

troublant, odieux, décevant,

de nos civilisations meutrières

qui ne laissèrent que ruine et poussière.

 

De leur module céleste,

contemplant la terre de leurs aînés,

ils verront tous les dégâts funestes

qu’aura laissé notre humanité,

sur cet astre vivant et pur

tout enveloppé d’azur.

 

C’était, diront-ils, la plus belle planète,

celle des océans et du blé,

aux ressources toujours complètes

pour nourrir l’humanité.

Mais hélas nos ancêtres, se prenant pour des dieux,

ne semèrent que la mort et le feu.

 

Voyez ces terres rouges et leurs bords brunis,

voyez la triste plaine de laquelle l’eau a fui.

Il y avait là, l’Amazonie

et là, la grande mer du midi.

Tout a brûlé, disparu en surface

n’épargnant aucune race.

 

Heureusement, un survivant élu de Dieu,

s’étant lancé dans l’espace,

colonisa d’autres cieux, avec beaucoup d’audace

et enfanta une  autre espèce

toute d’amour et de sagesse.

 

Une espèce pensante

et mouvante à la fois

issue des lois mutantes

de l’Univers Roi,

tout en rien, mystère unique

de l’infini cosmique.

 

Espèce d’une lointaine planète

émigrant sous des habits d’éther aux mille couleurs,

elle vient, aujourd’hui, reconnaître ce lieu que ces ancêtres

ont voué au malheur,

ce lieu qui dans le temps fut terre de conquête

mais que leur folie a rendu muette. 

 

 

 

 26 décembre 2010

Narbonne

Sous le ciel du midi,

au milieu d’une plaine,

une ville éblouit:

Narbonne la romaine.

Dans le temps capitale

issue de sang romain,

elle souffrit des vandales,

des wisigoths, des sarazins.

Elle connut tous les tourments

des combats et des guerres,

et des sièges souvent

elle supporta la misère.

Elle fut dans son temps

le joyau du pays, belle par les ans,

de ses terres ennoblies,

et belle par ses eaux

et son renommé port

en ce temps le berceau

de son immense essor.

Aujourd’hui vieille jacobine,

elle vit un autre temps,

marqué par la Robine

et le soleil ardent.

Carrefour d’un midi

qui s’anime sans cesse

de courants infinis,

avec lui elle progresse.

Narbonne est belle ville,

avec ses tours d’antan,

son visage tranquille

et sa pointe d’accent.

La vigne est son état,

le raisin est son fruit

et grâce à son climat,

chez elle le vin jaillit .

Ses terres de grès fins, exhalent les senteurs

du romarin et du thym,

de la lavande et des fleurs,

et le chant des cigales

rythmant le temps de ses étés,

donne à sa vie provinciale

la bonne humeur et la gaieté.

Narbonne, c’est le pays

des gens heureux de vivre ensemble,

des gens qui sont tous des amis

et que l’accent du midi rassemble.

C’est la ville de leur coeur

et tous veulent avec fierté

bâtir leur bonheur

là où ils sont nés.

 

 

18 décembre 2010

Insbach 

Pour la troisième année, c’est encore Noël

dans la plaine d’Insbach, très loin de la France.

Là, s’élèvent trois camps d’ordre correctionnel,

où vivent entassés et sous surveillance

deux mille malheureux corps meurtris par le froid,

par la faim, par l’horreur de cet enfer nazi

où chaque instant passé est un siècle d’effroi,

de douleur et de peur et d’angoisse infinie.

A cette épouvante, la rigueur de l’hiver

ajoute à son frimas toute sa froidure

envahissant le coeur, le rendant triste, amer.

Sous la maigre tenue imprimée de zébrures,

uniforme souillé par la crasse et le temps,

survivent des hommes exhilés par la guerre,

des punis, des bannis, images de forbans,

condamnés aujourd’hui, tous,  à la misère.

C’est Noël, sur la couche de bois, allongé,

protégé du grand froid par une couverture,

je cherche dans la nuit des mes yeux fermés,

dans la paix que l’instant à mon coeur procure,

les souvenirs heureux de ce jour de fête,

symbolisant Jésus et l’enfant nouveau-né,

fervent renouveau d’une foi muette

qui s’exprime très fort en ce jour de l’année.

Quand le sommeil me prit,  je vis en images

le ciel s’illuminer et le soleil briller.

Un ange m’apparut campé sur un nuage

en me montrant du doigt Jésus sur un destrier.

S’arrêtant près de moi, il me prît par la main,

m’invita du regard et me fit honorer

sa céleste monture, qui s’envola soudain

vers un astre lointain qui s’appelait Bouvier.

Libérée de mon corps, mon âme rayonnante,

baignait dans la lumière de l’éternel créé

et se mélait parfois aux étoiles filantes,

qui zébraient le ciel d’une grande clarté.

Et l’espace et le temps et la conscience

se confondaient alors avec l’éternité,

et le Tout était Un et de la même essence

dans ce grand  Univers que Dieu a seul créé.

Affranchi des contraintes, je parcourus le temps

des mes Noëls d’enfant. Au pied d’un grand sapin

où de nombreux cadeaux attendaient le moment

que s’égrenne le temps, pour pouvoir être enfin

délivrés de leurs beaux et précieux emballages,

je piétinais de joie et aussi d’impatience

avant de découvrir ce précieux étalage

qui dépassait mes voeux et mes espérances.

Quel beau jour, quelle joie, que ce Noël d’enfant.

J’étais émerveillé par toutes ses largesses,

mais aussi très ému d’entrevoir mes parents

partager mon bonheur avec tant d’allégresse.

Ce jour qui était saint, impliquait la prière

que ponctuait ma mère sur un ton douceureux:

« Oh Dieu tout puissant, bénis nos chaumières

et viens en aide à tous les enfants malheureux. »

Mais le rêve prit fin , le froid en eut raison.

Dans ce camp de maudits où règne la misère,

transi, grelottant, affamé, moribond,

je ne puis hélas quitter ma civière.

J’attend impuissant le secret de la mort,

le tunnel merveilleux, le dernier tourbillon

par lesquels mon âme délivrée de son sort

quittera ce monde, sans aucun carillon. 

 C’est Noël et minuit et dehors il neige.

On fête l’Enfant-né, dans la joie, le bonheur,

on mange, on rit, c’est le privilège

de ceux qui sont heureux, tandis qu’ici je meurs.

 

17 dec 2010

Rires…

Rires,

éclats de rires,

relants

de joie

de vivre,

de trop de peines

assoupies,

d’amis

cocus,

de nouveaux riches

trop riches,

de grains de beauté

mal placés,

de femme qui, trébuchent

et se font mal,

du mal des argentés.

Rires,

éclats de rires

de joie,

quand on a vingt ans,

de coeur troublé

quand on en a quarante,

de coeur d’enfant

 quand la vieillesse

 arrive,

 sous les rides de la vie,

de la mort .

Rires, rictus,

lèvres sèches de rires,

lèvres sèches de vie… 

 

 

 

 16 dec 2010

Il neigeait

 

Dehors, il neigeait,

j’étais près de toi

regardant le décor

d’arbres et de toits,

recouverts d’un manteau

blanc et froid.

Il neigeait…

Près de l’âtre embrasé

 nous nous aimions d’amour,

comme au premier jour.

Il neigeait…

C’était hier

c’était l’hiver

à la montagne,

 au-delà des monts,

en amont,

 c’était l’Espagne,

Il neigeait…

 

 

Viens 

Calme,

belle,

amie, viens…

Pose tes douces mains

sur mon coeur

meurtri,

apaise mes tourments

avec ta peau câline

et abandonne

sur mon corps

tes lèvres de miel.

Viens,

calme,

belle,

douce chair,

viens…

 

 

Mère chérie

 

Donne-moi le bras

Mère chérie,

laisse-moi accompagner tes pas

je t’en supplie.

Je veux veiller

sur tes vieux ans

et t’escorter

tout doucement.

Je n’oublie pas

combien de fois

la nuit tu as

veillé sur moi.

Mes premiers pas,

je te les dois

et dans tes bras

j’ai reçu de toi,

l’amour maternel,

ce lien sacré,

lien éternel,

de la bonté.

Donne-moi le bras

Mère adorée,

l’hiver arrive à grand pas,

il faut rentrer.

 

Où es-tu ?  

Où es-tu

charmante fée aux mille caresses ?

Curieuses mains

au toucher si doux, où êtes-vous ?

Et vous lèvres d’ivresse

pourquoi vous êtes-vous

à jamais fermées ?

 

La grêle

La meurtrisure est venue du ciel

soudaine, imprévue et subite.

Des milliers de grêlons sortis de leur orbite

ont lacéré les vignes d’un trait cruel.

Le printemps les avait parées de leur verdure,

décorant les ceps d’une belle toison,

espérance de vie et de belle ramure

surtout en tout début de saison.

L’homme avait déjà préparé sa terre,

chaque souche en son pied

de sa main ouvrière

avait été fertilisée.

Le chaud soleil de Mars

avait nourri la sève

de ses ceps gaillards,

laissant espèrer une saison de rêve.

Hélas !  pluie vent et grêle

se sont ligués pour ternir les espoirs,

touchant si fort la vigne jusqu’à  sa moelle

pour ne laisser que des ceps noirs.

 

 

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