Chroniques

Octobre 2011

 

Il y a  71 ans …

Le 26 octobre 2011, nous commémorerons un anniversaire douloureux pour notre ville.
C’était en 1940, en effet,  en pleine guerre, un avion Bréguet 693, rejoignant la base aérienne de Lézignan, est tombé sur un immeuble de la place Bistan. Il n’y eut pas heureusement de victimes civiles, mais hélas, le pilote et le mitrailleur de l’avion y trouvèrent la mort.
Je me souviens très bien de l’événement. J’avais treize ans et j’étais en classe de quatrième à l’Ecole Beauséjour, qui s’appelait à cette époque le  « Petit Séminaire » dit «  le Sem ».
Ce jour-là, il ne devait pas être loin de midi, nous avons entendu une explosion qui nous laissa perplexes, tant elle était puissante, telle que nous l’avons ressentie. Les vitres des fenêtres de la classe tremblèrent, mais il n’y eut pas de casse.
Je me souviens, le Surveillant Général vint nous trouver et invita les externes à regagner leur domicile en empruntant la rue Louis Blanc, car un avion s’était écrasé sur la place Bistan et le secteur était bouclé par la police et les pompiers. On nous recommanda de ne point essayer d’aller voir ce qui se passait. Peine perdue, car sitôt sorti de l’école, nous nous rendîmes, avec quelques camarades,  Avenue Foch.
L’avenue était barrée et il y avait beaucoup de monde. Nous avons pu voir, cependant, du coin de l’Ecole Pratique ( maintenant  Gymanase le Soleil, en face de la Maison de la Formation ) une épaisse fumée, toute noire, qui s’élevait au dessus de l’immeuble sinistré.
On distingait très bien, lorsque la fumée devenait par moment moins dense, une aile de l’avion piquée au sol à 45°. qui se consumait. Nous apprîmes que les aviateurs étaient morts et qu’une femme, soulevée par la déflagration avait été projetée sur la corniche du porche de la maison , à six mètres de hauteur. Elle était là, en équilibre instable, figée par la peur, défiant le vide. Ce sont les pompiers qui la sortirent indemne de cette facheuse position.
La presse locale ne fit aucun écho à cette catastrophe, pour le moins exceptionnelle, car ne ce n’est pas tous le jours qu’un avion s’écrase en plein centre ville. Par contre les langues allèrent bon train.
Certains prétendaient que l’avion était un Bréguet d’autres certifiaient qu’il s’agissaiet d’un LEO47. C’était bien un Breguet 693 de  l’armée de l’air française.
L’aviation française connaissait , en cette année 1940,  une rude situation.  Les unités basées en France furent dissoutes par les Allemands et  les avions furent récupérés par Vichy et stockés en zone libre. C’est ainsi que Lézignan devint une base aérienne, placée sous le commandement du Commandant Reffay.
Mais d’où venait cet avion?
Vraisemblablement de la région lyonnaise ou bien d’Istres, il regagnait la base aérienne de Lézignan, lorsqu’il décrocha et se mit en vrille au dessus de Narbonne pour s’écraser sur la place Bistan, devenue aujourd’hui, place du Forum.
Cet accident  fit deux victimes, le Sous/Lieutenant  René Gady, né le 25 mai 1912 à Ausac s/ Vienne, du groupe de bombardement 2/54, curieusement  déclaré «  non mort pour la France », et le Sergent Jean-Lucien Joly, né le 17 avril 1919 au Havre, qui lui, a été déclaré «  mort pour la France ». On  n’a jamais su pourquoi.Peut-être était-ce pour sa qualité de mitrailleur. En effet le pilote et le mitrailleur se tournaient le dos dans le Bréguet 693 et le poste était considéré comme  le plus exposé.
De même on n’a jamais su quelle était l’origine de l’accident.
Le Bréget 693 était connu pour être un avion difficile à manœuvrer à faible altitude, pisque ses moteurs étaient réglés pour ne donner leur pleine puissance qu’à 3000 mètres. On peut donc envisager la panne de carburant qui fit perdre de l’altitude à l’avion lequel devint alors incontrôlable. Il décrocha au dessus de Narbonne.
On parla pendant longtemps de ce crash et  la maison sur laquelle  tomba l’avion resta  en ruine de nombreuses années.
A quelques dizaines de mètres près, cet accident aurait pu faire de nombreuses victimes d’enfants à l’école Jeanne d’Arc, à Beauséjour et au Collège Victor-Hugo.
Aujourd’hui on parle peu de cette catastrophe.
On peut regretter, que les municipalités  de Narbonne  qui se sont sucédées depuis, n’aient pas pensé à élever une stèle , pour honorer la mémoire des deux jeunes aviateurs de l’Armée Française, morts en service commandé.

(Extrait de mes souvenirs d’enfance)

 

 

 

Septembre 2011

Et notre passerelle  entre  Cité et Bourg…?

C’est avant le siècle dernier  qu’elle fut construite pour relier les Barques et  le Cours Mirabeau,  Cité et Bourg aurait-on dit autrefois.
Les marchés à cette époque étaient très fréquentés, surtout le marché aux vins, qui se tenait tous les jeudis,  sur les barques pour les gens de Cité et au fond du Cours Mirabeau pour  ceux de Bourg.
Ces deux collectivités,  pour se rejoindre, étaient obligées de passer par le pont Sainte-Catherine ou le pont des marchands.
D’où la construction d’une passerelle sur le canal de la Robine , entre ces deux ponts . Elle facilitait les échanges entre les deux berges, sur lesquelles les lavandières prenaient place et ne manquaient pas  de s’invectiver tout le long de la journée,  même quand «  pleubio ».
Au gré du temps, notre passerelle s’inscrivit dans le patrimoine narbonnais et c’est un peu d’histoire  de Narbonne qui y est rattachée,  lorsque l’on évoque les évènements de 1907,  quand  le Commissaire de la Ville vint interpeller certains vignerons sur la place de l’Hôtel de Ville.
La révolte grondait et le représentant de l’autorité fut malmené et à moitié déshabillé,  puis conduit jusqu’à la passerelle des Barques d’où il fut jeté dans la Robine. Le pauvre homme n’osa plus en sortir tant les gens criaient  «  noyez-le…noyez-le ! ».
C’est aussi un peu d’histoire de Narbonne , lorsqu’en 1936, la passerelle faillit s’effondrer sous le poids de la foule venue applaudir nos champions de France de Rugby qui s’étaient réunis au fond du Cours Mirabeau, tout près des « pissotières municipales »
C’est aussi de l’histoire de la ville le passage de la passerelle par Léon Blum en 1936, lorsqu’il fut élu député de Narbonne.
C’est encore un peu de l’histoire de Narbonne, lorsque au moment du carnaval, les pandores faisaient la haie le long de la passerelle.  Malheur à ceux ou celles qui s’y engageaient, car sur leur passage les montures  des pandores relevaient leur tête, dévoilant ainsi les parties  nues,  intimes de leurs cavaliers, qui se déchaînaient ensuite sur les passants, les saupoudrant  de farine. Que de mains féminines  pour se défendre, tentèrent  de se venger  sur les dessous des montures, là où nos indécents pandores étaient fragiles.
Notre passerelle garde tout cela en mémoire, pourquoi donc vouloir  la déplacer aujourd’hui,  alors qu’elle  est  si utile là où elle se trouve. Quel véritable narbonnais pourrait-il cautionner un projet aussi  farfelu !
Et la dessus,  se greffe le problème de la promenade des barques…Là on s’attaque à l‘endroit « sensible» le plus important de notre ville… Les Barques !…emblème de notre antiquité, sanctuaire de générations de marins, catalans, grecs, maltais, espagnols, italiens et de tout l’Orient,  qui foulèrent les quais de l’Atax où se trouvaient, à l’amarre,  leurs « barques ».
Les Barques, par la suite  devinrent  le phare des narbonnais, leur lieu de promenade…Combien de mamans ont-elle fait faire leur premiers pas  à leur progéniture narbonnaise,   sur les Barques, souvenez-vous .
Les Barques… lieu de rassemblement du tout Narbonne, où se revendiquaient les droits fondamentaux, en 1912 le banquet des citoyens libres, en 1936 le droit  aux avantages sociaux, l’action du Front Populaire, ..Les Barques lieu d’affrontement politique, les poings levés des rouges contre les  mains tendues des royalistes… Mais aussi les Barques, lieu de sérénité, de promenade,  où les vieux se plaisaient  à venir  échanger des souvenirs,  assis sur les bancs d’époque à l’ombre des platanes aujourd’hui centenaires et en très bonne santé.
Pourquoi vouloir dénaturer les Barques,  pourquoi  vouloir abattre des arbres, tous porteurs de mémoire, pourquoi  tuer tant de souvenirs: les marchés aux vins , les foires d’exposition chères à Madaule,  les kiosques à musique, les kiosques de presse, les buvettes, les cinémas en plein air d’avant guerre…pourquoi ?
On nous envie les Barques… On devrait les restaurer au lieu de les détruire,  les aménager, les dépoussiérer, les rendre  à la vie active de Narbonne,  les protéger  des marchés clandestins, voilà ce qu’il faudrait faire….
Mais surtout ne rien faire pour les dénaturer, leur faire perdre leur identité de toujours, car  sous  le feuillage des platanes résonne encore l’accent de nos aieux…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Août 2011

L’énigme wisigothe de la montagne d’Alaric

Je reprends volontiers le titre de mon livre paru en 2005 «  l ‘Enigme wisigothe de la montagne d’Alaric «  , pour répondre à divers articles parus sur la presse locale relatant le fameux trésor des Wisigoths et les certitudes de certains chercheurs qui l’auraient situé dans les Hautes Corbières .

Avant toute chose, je veux ici préciser qu’on appelle le trésor des Wisigoths, le fabuleux butin que s’appropria Alaric 1er après qu’il eut fait le sac de Rome pendant quatre jours en l’an 410. Ce trésor était composé des richesses du temple de Salomon qu’avait pillé Titus en 70, puis ramené à Rome l’année suivante. On y trouvait l’Arche d’Alliance, le chandelier à sept branches et toutes les richesses d’Orient, d’or, de pierres précieuses, d’objets de culte, de bijoux d’une inestimable valeur. Voilà donc le trésor qui vint entre les mains des Wisigoths en 410 et qu’on appelait le Trésor des Wisigoths, ce qui donnait à ce peuple vagabond et à son roi Alaric 1er une caution de grandeur et de puissance. En effet, on déterminait la force d’un peuple et la valeur de son roi, à leurs richesses. .

Mais Alaric 1er ne profita que très peu du pillage de Rome, car il mourut l’année suivant la rapine. Son beau-frère, Ataulphe devint roi des wisigoths et prit en charge le fameux trésor.

Ce trésor devint ambulant, car il accompagna le peuple wisigoth dans ses pérégrinations à travers l’Italie puis la Gaule et particulièrement jusqu’à Narbonne où il fut exposé au Capitole, sous la garde de cinq cents solides guerriers.

On sait qu’ Ataulphe avait enlevé la belle Placidia, sœur de l’empereur Honorius, qu’il épousa d’ailleurs en décembre de l’an 414, à Narbonne et que le Général Constance, à qui elle avait été promise, vint faire le blocus de la ville , pourchassant les Wisigoths et les chassant même de la Narbonnaise.

Ataulphe se réfugia avec sa cour et ses guerriers à Barcelone. Mais à partir de ce moment-là, on ne parle plus du fameux Trésor. Ataulphe l’avait caché dans la montagne d’Alaric pour le soustraire à la convoitise des Romains et d’autres peuplades barbares sévissant en Espagne.

Ataulphe fut assassiné peu de temps après son arrivée à Barcelone, de sorte que personne ne connaissait la cache du trésor. Nous étions en 415.

Quatre vingt quinze ans après, on trouve le roi Alaric II, arrière petit-fils d’Alaric 1er, en guerre contre les Francs, subissants des défaites cuisantes depuis Poitiers jusqu’au pied de cette montagne qui ne portait pas encore le nom d’Alaric. Clovis prit Toulouse, puis Carcassonne, où étaient entreposés des trésors issus des rapines des rois wisigoths depuis les successeurs d’Ataulphe. Les Francs ne purent s’en emparer, car ceux-ci avait été envoyés par Alaric II à son beau-père à Ravenne, qui d’ailleurs, les restitua à son petit fils, lorsque celui-ci fut devenu roi des Wisigoths à son tour.

Comme on le voit, il n’y a pas qu’un seul trésor des Wisigoths, mais plusieurs et d’autres au fil des temps viendront aussi amplifier ces richesses des wisigoths, dont le destin s’il leur fut clément pendant trois cents ans, s’avéra tout à coup chancelant sous la poussée arabe qui les chassa d’Espagne et les confina dans une Septimanie à leur mesure, où ils régnèrent encore longtemps. C’est à cette époque que l’on retrouve les Wisigoths à Rhaede, devenue aujourd’hui Rennes-le-Château.

Lorsque l’on sait que les Wisigoths avaient pour habitude de cacher leurs trésors en les enterrant, on ne peut pas être étonné que nos Corbières soient le siège de nombreuses cachettes plus ou moins importantes de trésors personnels ou même de rois. Jean Guilhe écrit qu’Alaric II   « avait pour habitude de cacher ses trésors dans les environs de Lagrasse‘ » .

Mais n’oublions pas cependant la légende qui dit: « Entre l’Alaric et l’Alaricou il y a la fortune de trois rois… ». La légende porte déjà une note singulière d’authenticité à ce site qui ne peut que concerner le véritable trésor des Wisigoths.

Que l’on découvre d’autres cachettes dans les hautes Corbières, cela se comprend compte tenu de ce que nous venons d’avancer. ( On a bien trouvé des trésors de rois wisigoths du côté de Tolède… )

Peut-être cela expliquerait les agissements de l’Abbé Saunières, curé de Rennes-le-château, devenu subitement riche . Peut-être cela expliquerait, aussi, les trouvailles du côté de Lanet. Mais, de grâce, qu’on veuille bien attendre d’avoir exhumé ces trésors pour les identifier et leur donner un nom.

Il faut arrêter de trop généraliser en parlant du Trésor des Wisigoths.

 Le Capitole de Narbonne

Le poête latin Aussone qui fut témoin oculaire, nous représente le Capitole de Narbonne en marbre de Paros (ville des Iles Cyclades célèbre dans l’antiquité pour son marbre blanc) comparable par ses dimensions et sa richesse au Capitole de Sylla à Rome.

Les fouilles faites à Narbonne en 1880, lors de la construction du Collège Victor-Hugo, ont mis à jour des colonnes et des chapiteaux permettant d’évaluer à 35 mètres environ la hauteur toitale de l’édifice. Ce qui correspond, à titre de comparaison, à un immeuble moderne de 12 étages ou le double de la maison carrée de Nimes.

L’étude des vestiges trouvés, parue dans le Bulletin de la Commission Archéologique de Narbonne, sera notre référence pour vous décrire sommairement ce monument majestueux.

Le Capitole mesurait 36 mètres de large sur 48 mètres de long

Le grand portique se composait de deux rangs de huit colonnes. Les fûts à cannelure avaient à leur base

un diamètre de 1.80m et de 1.50m à leur faîte, ils mesuraient environ 15 mètres de haut, ils étaient surmontés de chapiteaux corynthiens

Ce temple abritait les services de l’administration de la ville et de la région.

Il fut construit au deuxième siècle sous Antonin le Pieux, selon M. A. Grenier, ou sous Hadrien, selon M. Gayraud, ou encore sous Auguste selon M. Pierre Cros.

 

Le Capitole débouchait par un portique sur la place du Capitole, anciennement Place Bistan, c’était le premier monument que pouvait admirer le voyageur entrant dans la ville par la porte Romana (Jardin de la Révolution et début de la rue de l’ancienne porte de Béziers).

Il témoignait de la puissance de Rome à Narbonne.

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Bibliographie – Sabrié M. et Sabrié R. – Vestiges gallo-romains à Narbonne

 

L’invention des notes de musique

Les notes de musique furent inventées sous le Pape Jean XIX

( 1024 ) par une moine du monastère de Pompose, près de Ravenne, nommé Guido ou Gui et surnommé d’Arrezo, nom de la ville où il était né.

On l’avait chargé d’enseigner les chants aux enfants du monastère, ce qui était long et pénible, car les intonations du son n’étaient désignées que par les sept premières lettres de l’alphabet.

Gui, pour remédier à cet inconvénient rechercha longtemps une règle précise invariable et facile à retenir.

Il reconnut que les syllabes des six premiers versets de l’hymne de Saint Jean-Baptiste, formaient par leur intonation une suite diatonique ascendante qu’il apprit à rendre familière.

Voici les six versets:

 

 

 

UT queant laxis

 

 

 

REsonare fibris

 

 

 

MIra gestorum

 

 

 

FAmuli tuorum

 

 

 

SOLve polluti

 

 

 

LAbii reatum

 

 

 

SI sanctae Joannes

 

Ce fut l’invention de la gamme musicale. Quoi qu’il en soit le chant Grégorien avait produit des chefs-d’œuvre avant l’invention de Gui d’Arrezo..

Aucun compositeur jusqu’à présent n’a pensé à rendre hommage à ce moine précurseur. Peut-être sera-ce le cas, un jour, d’un poprovker anglo-saxon ou d’un compositeur de musiquette orientale….

 

 

 

 

 

 Mai 2011

Auclair de ma plume…

Comme lami Pierrot je vais vous parler de la Lune. Elle a toujours été omniprésente dans lenvironnement humain et lhomme sest aperçu quelle lui permettait de comprendre les cycles naturels dans lesquels il vivait, ainsi que linfluence quelle exerçait sur les structures du comportementLa science et léglise, hostiles autrefois aux théories de Kepler de Tycho Brahé et de tant dautres savants, ont été obligées de se ranger du côté des théories de Newton,et du rôle que joue la Lune en matière de marées. De nombreux praticiens et chercheurs, sappuient sur les découvertes scientifiques pour reconnaître que notre satellite exerce des influences aussi sur notre corps, sur les émotions, sur la santé du corps et de lesprit, sur les liquides sur les animaux et sur les végétaux.

On a constaté, par exemple, dans les hôpitaux psychiatriques, un désordre soudain de comportement des aliénés au moment de la pleine Lune.

Les criminologues assurent quil y a une augmentation des crimes au moment de la pleine Lune.

Les effets de la Lune, ne se limitent pas seulement à ces aberrations du comportement humain, les chasseurs, les pêcheurs, les paysans, tirent de la tradition des connaissances précieuses sur le comportement des animaux, sur les moments lunaires qui favorisent la germination et la croissance des végétaux, en terre ou aérienne, autant de choses précieuses révélées par la Lune et qui peuvent être trouvées dans le Deutéronome ( XXX,14), sans que cela contredise que ce que nous savons sur la Lune est insignifiant en comparaison de ce que nous ne savons pas.

Des chercheurs ont confirmé que la Lune provoque des modifications au niveau des champs électromagnétiques entourant tout organisme vivant. Cest-ce qui expliquerait que les huîtres ouvrent leurs coquilles à marée haute, que les anguilles se mettent en route pour leurs terrains de frai en lune descendante, obéissant en cela à des rythmes lunaires précis, comme nous obéissons nous-mêmes à des rythmes biologiques associés à la Lune. que lon retrouve souvent dans les naissances et les décès humains.Le rapport entre le cycle menstruel et le cycle lunaire mensuel nest plus à prouver, Romer, Bramson, Guthman, Oswald ont étudié ce problème et tous ont montré que les cycles menstruels commençaient avec la pleine ou la nouvelle Lune.

De même, ils ont relevé que la période de gestation dure exactement 9 mois lunaires, soit 265.8 jours.

Nous obéissons,donc, aux rythmes biologiques dès notre naissance.

En somme la Lune participe plus que ce que lon peut croire à notre vie quotidienne, elle imprime sa nature, sa force ou sa faiblesse, à notre naissance et conditionne notre tempérament, notre environnement et notre évolution.

 

Nous reviendrons sur ce sujet dans les prochaines semaines, pour étudier linfluence de la Lune sur le plan géologique et plus particulièrement dans le déclenchement des tremblements de terre.

 Mars 2011

Le temple de Minerve

Le temple en l’honneur de Minerve fut construit à Narbonne entre la porte Atacina et la Porta Romana, non loin des remparts, sous Auguste ou sous Domitien.
Temple de moyenne dimension, il était constitué à l’image de celui de Rome, d’une façade avec des colonnes corinthiennes surmontées d’un fronton triangulaire, formant corniche, peut-être orné de scènes représentant la déesse avec son casque dont les côtés étaient soutenus par des griffons, assez semblables à des lions.
L’intérieur du temple abritait une statue de la déesse, de moyenne dimension, debout, portant une très longue tunique, pique en main et bouclier à ses pieds.
Ce n’était qu’une statue modeste à côté de celles que construisirent les Rhodiens. Ils furent, en effet, les premiers à dresser des temples en l’honneur de Minerve car elle leur avait enseigné l’art de construire des statues géantes.
Tous les narbonnais honoraient la déesse.
Minerve, fille de Jupiter, représentait, la sagesse, la guerre, les sciences et les arts.
On lui attribuait aussi à Rome la protection des foyers, elle veillait à la défense des villes, à l’agriculture.
Selon la mythologie romaine, l‘olivier était placé sous sa protection, car on la figurait souvent, représentant la sagesse, un rameau d’olivier à la main, symbole de paix intérieure et extérieure.
La ville la plus favorisée de la déesse fut Athènes à laquelle elle avait donné son nom ( Athéna en grec).
Narbonne la privilégia d’un culte collectif.

Le temple de circius
Les vents, divinités poétiques, sont enfants du ciel et de la terre. Héliode les qualifie comme étant les fils des géants et en glorifie huit qui sont Solanus, Eurus, Auster, Africus, Zepyre, Septendrion et Aquilon.
Les romains en reconnaissaient quatre, Eurus, Bosée, Notus et Zephyrus, quant aux narbonnais eux, ils en connaissaient trois, le Marin, le Grec et le Cers.
Le Cers était le plus puissant et le plus violent, venant du Nord-Ouest de Narbonne.
Les narbonnais-romains connaissaient les effets négatifs des vents issus du Sud et de l‘Est, Marin et Grec. Ils rendaient l‘atmosphère lourde, chargée de l‘humidité de la mer qui faisait remonter tous les miasmes des marécages voisins de la ville, en provoquant le plus souvent de la pluie et des maladies. Le Cers, impétueux, alors, renvoyait tous ces caprices de la nature vers la mer, en libérant le ciel et en dégageant du froid sec en hiver et de la chaleur en été. Il était jugé bienfaisant, positif, , au point qu‘il fut personnifié et même déifié..
Un autel lui fut consacré, tout près de la porte Salaria au Nord-Ouest de la ville;.
Encore une fois, nous regrettons qu’aucun document sérieux ne nous ait apporté des renseignements sur son histoire. Il semble, cependant, que ce temple ait été spécifiquement narbonnais.
Dressé dans l’axe Nord-Ouest, il était exposé aux rigueurs de la force du vent qui infiltrait ses colonnes de sifflements bruyants, évocateurs de la sévérité des hivers.

Narbonne terre de colonisation devient cité impériale…

Narbonne, après avoir été une terre de colonisation, devint Cité Impériale
Narbonne accueillit une première colonie romaine en l’an 118 avant J.C., puis une deuxième vers – 45, fondée par César avec les soldats de la fameuse dixième légion et leurs familles.
Cette annexion des terres narbonnaises par les romains répondait à un besoin impérieux de l’empire, sur le plan stratégique et à la nécessité d’un développement économique, grâce au port narbonnais, qui depuis des siècles déjà, faisait l’objet d’ un trafic important. On peut affirmer que l’occupant romain transforma complètement la ville de Narbonne, en la faisant à l’identique de Rome, au point de lui donner le surnom de «fille de Rome».
Au cours de plusieurs siècles, depuis la première colonie, tous les empereurs contribuèrent au développement de Narbonne, jusqu’à détourner le lit de l’Atax pour le faire passer par la ville afin  d’améliorer son trafic maritime.
Auguste, fils adoptif de César oeuvra beaucoup pour Narbonne  qu’il affectionnait tout particulièrement.  Le rôle qu’il joua dans l’empire   fut tel, qu’il fut vénéré comme un dieu.
Narbonne n’échappa pas à ce culte, à juger l’accueil qui lui fut réservé, lors de sa première venue dans la colonie romaine, le 2 septembre de l’an 27 avant J.C., sur  sa « magnifique galère  »
comme le narre Paul Carbonel dans son  »Histoire de Narbonne »,   »avec une importante escorte d’autres navires. De nombreux délégués du territoire vinrent participer aux délibérations du conventus, tenu au Capitole. Durant le séjour de l’Impérator, il y eut toutes sortes de réjouissances, notamment nautiques sur la rade, avec la participation de la galère impériale. Auguste se rembarqua le 25 septembre laissant les habitants de Narbonne fortement impressionnés par son prestige « . A cette époque, il y avait à Narbonne une population mêlée des descendants des colons civils de la première colonie, des militaires de la Xème Légion, des gaulois romanisés, et des descendants des diverses races qui se croisèrent ici.
Cet amalgame constituait les «narbonnais », ceux-ci déifièrent Auguste, à l’exemple de Rome et édifièrent le 22 septembre de l’an 11 après J.C., au milieu du forum, un autel, avec un texte gravé sur marbre du «

vœu d’honorer à perpétuité le numen d’Auguste.»
Dès lors il fut fêté comme un dieu, et on commémora chaque année, l’anniversaire de sa naissance le 23 septembre, puis l’anniversaire de ses dix-neuf ans et  sa victoire sur Marc Antoine, le premier janvier, enfin le 31 mai  tous les bienfaits qu’il apporta à la ville.
La tradition se maintint jusqu’à ce que le christianisme soit reconnu religion de l’empire, sous Constantin.
L’autel d’Auguste est conservé au musée lapidaire

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Février 2011

Le temple d’Apollon

C’est Octave qui donna au culte d’Apollon une véritable priorité à Rome, aussi pourrait-on supposer que le temple d’Apollon de Narbonne fut construit sous son règne .

L’apollonisme arriva à Rome vers 450 av-J.C. à la suite d’une épidémie de peste. Le dieu était considéré comme le grand guérisseur, protecteur, contre les fièvres et les épidémies, comme le sera plus tard son fils Esculape.

Le culte d’Apollon demeura l’un des plus vivaces tant à Rome qu’à Narbonne longtemps après la victoire du Christianisme et nous pensons qu’il fut un des premiers temples détruit pour faire place à une église chrétienne.

D’ailleurs on situe le temple approximativement sur l’emplacement du site qui fut consacré, croyons-nous, à l’église de la Major.

C’était un temple circulaire délimité par un portique de colonnes de marbre.

L’intérieur devait être de grande qualité et comme à Rome il devait contenir une bibliothèque

Devant le portique devaient être érigées les statues d’Apollon et de Mercure et peut-être de Vénus, comme à Pompeï, aux pieds desquelles les narbonnais pouvaient déposer leur ex-loto Les sacrifices pouvaient être pratiqués à l’entrée du temple sur un autel de marbre.

Il est bien dommage qu’aucun vestiges sérieux n’ait franchi le temps pour nous donner une image précise de ce temple et en définitive, les quelques informations qui ont pu nous être rapportées dans des chroniques romaines ou dans le dictionnaire historique et géographique apportent plus de questions que de réponses, tant la documentation sur ce sujet est maigre.

Une question se pose à nous concernant l’emplacement de ce temple, érigé en dehors de l’enceinte urbaine, proche des premières fortifications de l’époque. Pourquoi cet éloignement ? Le temple servait-il à recevoir des malades ? Les prêtres apolloniens procédaient-ils à des rituels sanitaires ? Autant de questions auxquelles nous ne pouvons répondre.

De même la construction du temple mériterait-elle des explications. Notamment en ce qui concerne sa corniche en haut de laquelle on pouvait apercevoir la mer, à l’époque toute proche, ainsi que l’ile de la Clape. Etait-ce un observatoire d’où on pouvait visualiser des signaux en provenance des navires, pour annoncer quelque anomalie dans l’état sanitaire de l’équipage ?

Jean Richer dans sa « Géographie sacrée dans le monde romain, p.310, nous apprend qu’Apollon était aussi considéré dans le bassin méditerranéen comme le sauveur des vaisseaux. Un raisonnement par analogie permet donc de supposer que la corniche du temple d’Apollon de Narbonne pouvait servir d’observatoire pour l’espace marin du lac Rubrensis.

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Du dernier pape…

L’intérieur de la Basilique de Saint Paul hors les murs à Rome est impressionnant. Un plafond merveilleux recouvre les cinq nefs de l’église, séparées par quatre-vingt colonnes de granit, et nous livre une longue curieuse file de médaillons en mosaïque, représentant la lignée des papes. Aujourd’hui, seul un médaillon est éclairé, c’est celui de notre Pape actuel Benoit XVI.
Après lui, il ne reste que deux médaillons vides, qui recevront le portrait des deux derniers papes, si nous en croyons la prophétie des papes de Saint-Malachie, qui fut publiée par un moine Bénédictin, Arnold de Wion.
La célèbre prophétie de Saint-Malachie commence à Célestin II, elle est complétée par un autre prophétie plus récente, publiée pour la première fois en 1899, par M; .de Polin, la tenant d’un religieux de Padoue.
D’après cette prophétie, il n’y aurait plus que sept papes à venir après Pie XI. Or, depuis, nous avons eu cinq papes et il ne resterait aujourd’hui que deux pontificats à venir.
Curieusement cette prophétie annonce le terme de la lignée papale pratiquement à la fin de l’ère des Poissons qui se termine, et à l’entrée du point précessionnel dans l’ère du Verseau. Or, chacun sait que chaque nouvelle ère apporte une nouvelle religion. L’ère du Verseau signerait-elle donc la fin du Christianisme qui marqua l’ère des Poissons et se développa, pour arriver jusqu’à nous aujourd’hui, en trois principales phases constitutives: croissance, épanouissement, décroissance ?
On constate, en effet, que l’Eglise à l’orée du 21 ème siècle, connaît de graves problèmes et subit la fulgurante progression de l’Islam.
Notre pape actuel a quatre vingt-trois ans, il peut avoir encore une espérance de pontificat de dix ans, en supposant que les deux derniers papes aient une espérance de pontificat de vingt-cinq ans chacun, le terme chrétien aurait donc lieu dans soixante ans, soit autour de 2070, soit très près, comme nous l’avons dit, du basculement dans l’ère du Verseau.
Mais l’absence de chef, condamnera-t-elle le Christianisme?
Peut-être condamnerait-elle le catholicisme, ou le transformerait-elle.?
Ou bien, cette nouvelle ère du Verseau, celle de la «Connaissance», ne nous révèlera-t-elle pas, au contraire, un nouveau christianisme plus christique, qui donnera une dimension nouvelle à l’espérance des hommes. Ou peut-être marquera-t-elle la fin d’une institution, mais non la fin d’une doctrine dont le moteur est la foi.
C’est peut-être ce changement que la prophétie de Saint-Malachie veut annoncer.*

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27 janvier 2011 

Temples et monuments à l’époque romaine ( suite )

Le temple d’Hercule

Comme nous l’avons vu, le temple d’Hercule se trouvait près de la porte « Romana », à droite de l’axe de la «  via Domitia », qui traversait la ville. On peut le situer aujourd’hui, au fond de la rue de l’Ancienne Porte de Béziers, tout près de la cour Janote, où il reste encore une fontaine, qui était sûrement celle qui, au temps des romains, recevait directement les eaux de l’Atax (l’Aude), canalisées par un aqueduc, comme on peut le voir sur un plan de la ville dessiné par Tardieu en 1848, représentant le tracé de la ville sous l’Empire romain. Certes nous ne pouvons pas certifier l’exactitude de ce plan, qui nous permet seulement de nous faire une idée très générale de l’emplacement des temples et des monuments de la ville du deuxième au cinquième siécle.. Il n’est nullement de notre intention, en effet, de vouloir reconstituer exactement la topographie de Narbonne à cette époque.

On sait que les romains ont attaché beaucoup d’importance à la construction des temples et monuments à Narbonne en s’inspirant du modèle de ceux qui existaient à Rome, ce qui facilite notre travail de description.

Le temple d’Hercule à Narbonne, fut vraisemblablement construit sous Domitien. Comme celui de Rome, qu’on appelait aussi « temple de Vesta », il était de forme circulaire et composé de colonnes corinthiennes en marbre, soutenant une toiture ronde en terre cuite, formant un genre de chapiteau à l’intérieur duquel était construit le temple proprement dit. On devait y voir de nombreuses statues et peintures murales représentant des scènes agraires, ainsi qu’une statue d’Hercule le représentant sous les traits d’un homme robuste, une massue à la main et portant la dépouille du lion de Némée. Aucun texte connu nous décrit les sacrifices, ni les prêtres romains ou narbonnais qui officiaient dans les temples. On peut s’en faire cependant une idée, en fonction de ce que nous savons sur le sujet concernant les servitudes romaines. On sait, en effet, qu’à Rome il y avait deux classes de prêtres. Les uns sacrifiaient à tous les dieux, on les appelaient les « Pontifes », les autres avaient chacun leur divinité particulière, c’étaient les «  Flamines, les Saliens, les Vestales ». L’institution des prêtres avait un caractère à la fois politique et religieux. Sachant, comme nous l’avons déjà dit, que les romains voulurent faire de Narbonne une nouvelle Rome, il ne fait pas de doute que la prêtrise de Narbonne fut identique à celle de leur capitale. La célébration des sacrifices obéissait à un rituel précis. « Les animaux destinés aux sacrifices se nommaient les « victimes ».  Au début du sacrifice, dans le silence le plus complet, les prêtres consacraient la victime en jetant sur son corps une pâte faite de farine et de sel. Ensuite, le prêtre goûtait le vin et en donnait autour de lui, puis le versait entre les cornes de la victime.  On présentait alors la victime devant l’autel, on la frappait durement avec une hache, et on l’égorgeait aussitôt. Le sang était recueilli dans des coupes, puis on plaçait la victime sur l’autel et on la dépouillait. Parfois on la brûlait, alors le sacrifice s’appelait: l’Holocauste. Généralement on partageait la dépouille entre les participants. Le sacrifice terminé, les sacrificateurs se purifaient les mains et congédiaient l’assistance par la formule « LICET », c’est-à-dire «  on peut se retirer », ce qui n’est pas sans rappeler le « ita missa est » de notre religion chrétienne».
Hercule était un dieu et sa légende se retrouve chez tous les peuples de l’antiquité. Il était le fils de Jupiter et d’Alcmène, femme d’Amphitrion. Il montra dès sa naissance sa force en étranglant deux serpents. En grandissant, Hercule, fut doté d’une taille extraordinaire et d’une force incroyable, qui lui servirent pour entreprendre ses combats et ses douze travaux, que la sort de sa naissance lui avait imposé. Il épousa de nombreuses femmes, une soixantaine, dit-on, en comptant les filles du roi d’Etolie, Thespius.La dernière fut la jeune Hébé qu’il épousa dans le ciel. Victime de la trahison de Déjarine qui lui fit endosser la tunique de Nessus qu’il venait de tuer, et voyant sa fin prochaine, sous l’effet néfaste et mortel de ce vêtement, il éleva un bûcher sur le mont OETA, s’y coucha dessus et ordonna à son fils Philoctète d’y mettre le feu.
Son culte fut tout d’abord celui des grecs, puis il fut porté à Rome, en Gaule, en Espagne et jusqu’aux Indes.

Telle est la légende d’Hercule.
(A suivre)

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20 janvier 2011

Les temples et monuments
de Narbonne sous l’empire romain


Vers la moitié du dernier siècle avant notre ère, les romains, sous l’impulsion de César, de Marc-Antoine, et ensuite des empereurs ’Auguste, Tibère, Claude, Néron, Trajan etc. construisirent à Narbonne, de nombreux temples et monuments, pour assimiler la ville à leur capitale, Rome, et rendre ainsi le séjour des colons et des soldats romains moins dépaysant.

En ces temps là, à l’approche de la ville en venant de Coursan, on voyait de part et d’autre de la via Domitia de riches sépultures construites en pierres de taille et en marbre, entourées de petits jardins où poussaient de nombreuses variétés de plantes et de fleurs.

On entrait dans la ville par la porte « Romana », qui était située sur l’emplacement de notre square de la révolution, place Thérèse-Léon Blum.

La via Domitia se prolongeait en ville, par la rue actuelle de l’Ancienne Porte de Béziers, traversait la place du Forum, devant l’autel d’Auguste, longeait un immense marché et se poursuivait par l’actuelle rue Droite jusqu’à la porte « Aquaria » et le pont Vétus, à l’entrée duquel, mais côté rive droite de l’Aude, se trouvait un immense arc de triomphe, sur l’emplacement actuel de la place des Quatre Fontaines.

Sur cet itinéraire, depuis la porte « Romana », d’après un plan reconstituant la ville sous l’empire romain, on laissait à droite, le temple d’Hercule, l’autel des Patrons de Génies, la Curie, puis le temple de Saturne, à peu près situé à l’emplacement de notre Cathédrale, puis, l’Auberge des Gaulois, qui jouxtait la porte « Aquaria ».

De même, on laissait à gauche, une taverne, le temple de la Concorde, le temple d’Auguste, la Fontaine du Forum, le temple de Jupiter et le temple des Cybèles. C’était tout ce que le voyageur pouvait admirer en traversant la ville par la via Domitia, c’est-à-dire par l’axe Nord-Ouest/Sud-Ouest.

Mais très rares étaient les voyageurs qui ne s’arrêtaient pas à Narbonne, car c’était la ville étape la plus importante sur le chemin de l’Espagne, à cause de son port réputé, dont le trafic était intense, avec l’accostage des vaisseaux phéniciens, grecs, romains, espagnols. Les vaisseaux égyptiens y abordaient aussi, chargés des richesses de l‘Orient. Cet important trafic maritime nourrissait dans la ville d’importants marchés de marchandises, de produits divers, tissus, pelleteries, esclaves, chiens, métaux, etc, tandis que le vin narbonnais, très recherché et qui se vendait très cher était la convoitise d’une clientèle étrangère raffinée.

Il faisait bon vivre dans cette ville étape où les lieux de réjouissances étaient nombreux pour satisfaire les marins de passage et tous les voyageurs faisant commerce de tout ce qui pouvait se vendre sur les marchés de Narbonne.

Paul Carbonel dans son « Histoire de Narbonne » mentionne qu’il y avait quarante bordels à Narbonne, il ne dit pas combien il y avait d’estaminets ou autres lieux nocturnes, mais on se doute qu’il devaient être nombreux aux quatre coins de la ville.

Mais il y avait aussi les édifices publics, les temples qui étaient renommés et qui faisaient l’admiration des voyageurs passant par Narbonne. Ils étaient construits en pierre de taille et le plus souvent ornés de péristyles à fronton soutenus par d’imposante colonnes de marbre de plus d’un mètre de diamètre, c’est dire quelle était la richesse des constructions romaines à Narbonne.

Pour si peu que le voyageur sortait de l’axe de la voie Domitia, il pouvait admirer des monuments et des temples, qui émergeaient aux croisements des rues rectilignes, au milieu de places agréablement aménagées.

Il pouvait ainsi découvrir, le temple de Jupiter, de Bacchus, de Minerve, d’Hercule, d’Appolon, de Cybèle, de Saturne, de la Concorde, du vent de Cers, comme aussi les monuments de la Curie, du Capitole, de l’Hôtel des monnaies, des bains et les fontaines majestueuses qui alimentaient en eau la population, ainsi que  les arcs de triomphe.

A l’extérieur de la ville on pouvait admirer l’imposante structure de l’Amphithéâtre, que nous pourrions, pour nous en faire une idée, comparer aux arènes actuelles de Nimes.

Mais le but de notre ouvrage étant de recenser les temples et les monuments romains de l’époque et d’étudier leur destination, nous vous invitons maintenant à découvrir notre étude, amplement alimentée par les textes que la mythologie et l’Histoire nous ont révélés.

Henry Malet – Narbonne 10 janvier 2011.

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Le temple de Saturne.

Elevé sur un podium important, le temple de Saturne fut un des premiers construits à Narbonne sous l’ère de César. Il était bâti en pierre de Sainte-Lucie et pour ce qui étaient les quatre colonnes d’angle, en marbre. On y accédait par quatre portes latérales, on y célébrait des sacrifices, son jour était le Samedi et en fin d’année on y célébrait bruyamment les Saturnales.

On dit que Saturne détrôné par son fils Jupiter et réduit à la condition de simple mortel, vint se réfugier en Italie dans le Latium, il y rassembla des bêtes féroces et leur prescrivit des lois. Son règne fut l’âge d’or, se sujets étaient gouvernés avec douceur. L’égalité des conditions était rétablie, aucun homme n’était au service d’un autre, personne ne possédait rien en propre.

C’était pour rappeler la mémoire de cet âge heureux qu’on célébrait à Rome les Saturnales. Aussi n’est-on pas étonné de savoir que le temple de Saturne fut un des premiers, sinon le premier, à être édifié à Narbonne par les romains, très portés à la célébration du culte de Saturne.

Les Saturnales, dont l’institution remontait bien avant la fondation de Rome, consistaient principalement à commémorer l’égalité entre les hommes. Elles commençaient le 16 décembre de chaque année et se déroulaient pendant plusieurs jours.

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Le Temple de Jupiter..

Il était dénommé « Templum Jovis Tonantis », parce que Jupiter après avoir délivré les Titans et tué Campé, la geôlière qui les détenaient enfermés dans les Enfers, reçut des Cyclopes, le tonnerre, l’éclair et la foudre. On le représente généralement assis sur un trône tenant dans sa main, la foudre, avec l’aigle qui enleva Ganymède à ses pieds.

C’est que Jupiter tenait le premier rang dans les divinités de l’Olympe et son autorité suprême était reconnue par tous les habitants du ciel et de la terre. Seule Junon, sa dernière femme qui était aussi sa sœur, osa ourdir contre lui une conspiration des dieux, qui fut promptement étouffée par le géant Briarée.

Mais qui était Jupiter ?

Il était le fils de Saturne et de Rhéa.

Saturne, dévorait les enfants à mesure qu’ils venaient au monde. Il avait déjà dévoré Cérès, Neptune et Pluton. A la naissance de Jupiter, Rhéa, voulant sauver son enfant, mit dans son berceau une pierre recouverte de langes, que Saturne s’empressa de dévorer, persuadé qu’il s’agissait de son dernier né.

Jupiter fut élévé par les Mélisses. Devenu adolescent il se joignit à la déesse Métis, pour empoisonner son père Saturne, mais le breuvage qu’il lui fit ingurgiter n’occasionna que des vomissements et il expulsa sur le coup, la pierre avalée, ainsi que les trois enfants qu’il avait dévorés.

C’est avec ses deux frères Neptune et Pluton que Jupiter détrôna son père. Il devint alors le maître incontesté de L’Olympe, après qu’ayant appelé Hercule en aide, il se soit débarrassé des Géants Encelade, Polybétèes, Alcyonée, Porphyrion, Typhon etc.

Lorsque Narbonne devint fille de Rome, les colons se retrouvèrent dans un cadre familier et les narbonnais de souche furent fiers d’être des citoyens romains. Ils abandonnèrent leur dieux gaulois et vénérèrent les dieux romains. Le jeudi était consacré à Jupiter, son culte était le plus solennel et le plus répandu. Les victimes qu’on lui immolait était la chèvre, la brebis, point de victimes humaines, souvent on se contentait de lui apporter des farines, de l’encens, du sel.

Dans le temple, comme à Rome, en son centre, une grande statue taillée dans la pierre et montée sur un socle de marbre, le représentait assis sur un trône, tenant dans sa main gauche, élevée vers le ciel, la foudre et dans sa main droite, la Sagesse, son pied droit reposant sur les ailes d’un grand aigle, rappelant qu‘il s‘était métamorphosé en aigle pour enlever Ganymède et le déposer dans l‘Olympe.. Un très large autel se trouvait devant sa statue pour y recevoir les offrandes que les narbonnais ou les gens de passage lui apportaient.

Aux quatre coins du temple on pouvait voir quatre Victoires, tandis que sur les côtés les statues des Grâces et des Heures représentaient ses filles. Les Grâces , étaient, d’après certains, les filles de Jupiter et de Eunomie, il y avait Aglaé, Thalie et Euphrosyne. Les Heures étaient filles de Jupiter et de Thémis, elles s’appelaient Eunomie, Dicé et Irène, représentant le bon Ordre, la Justice et la Paix. Homère les nommaient « les portières du Ciel».

(à suivre)

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15 janvier 2011

Les nécropoles du vieux Narbonne 

Au temps jadis, on enterrait les morts sous les dalles des églises, dans les cloîtres des monastères, autour des murs des églises narbonnaise, ceci pour garder les sépultures « intra muros », car les raids des barabares avaient démontré l’insécurité des nécropoles dressées hors des remparts de la ville. C’était dans les habitudes des assiégeants de violer les sépultures pour dérober les bijoux qu’on laissait sur les défunts ou les petits trésors qui les suivaient parfois dans leur tombe.

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